2026 n’a pas bien commencé. L’enlèvement du président du Venezuela et de son épouse par l’État le plus puissant du globe, par le plus grand représentant du monde libre et des États démocratiques, en piétinant les principes les plus élémentaires du droit international, fut le plus grand cadeau de Nouvel An aux États totalitaires et tyranniques du globe, un cadeau inattendu pour eux, qui justifie leurs actes et leurs crimes. L’attaque américaine fait de la « loi de la jungle », de la loi du plus fort, un principe du droit international.
Et à l’occasion des fêtes de Noël, en tant que pays se réclamant des valeurs chrétiennes, cet acte irrespectueux envers même les valeurs religieuses et spirituelles désole et prouve une fois de plus l’incompatibilité entre la morale et les règles politiques. Se pose naturellement la question de savoir qui sera la prochaine victime ? Et quel sera le sort des pays qui sont victimes depuis des années d’agressions brutales et dont les moyens d’autodéfense sont insuffisants ?
Pour le peuple arménien, une nouvelle page d’interrogations s’ouvre. Jusqu’à quel point peut-on se fier aux promesses des États-Unis ? Au siècle dernier, nous avons eu la promesse du protectorat wilsonien pour administrer l’Arménie, et elle ne s’est pas réalisée. Actuellement, nous avons le projet de la Route de Trump. Dans quelle mesure les États-Unis respecteront-ils leur engagement à soutenir la signature d’un accord de paix lorsque surgiront le pétrole et d’autres facteurs économiques et stratégiques qui intéresseront davantage ces mêmes États-Unis et l’administration Trump ? La politique américaine ne déroge pas au principe selon lequel « les États n’ont pas d’alliés permanents, mais des intérêts permanents ».
Lors de la guerre de 2020, l’Arménie a ressenti, par ses pertes humaines et territoriales immenses, les conséquences de la lâcheté de la Russie qui l’a sacrifiée pour ses propres intérêts. D’autres alliés se sont présentés : les États-Unis et la France, l’Allemagne, etc., et les États-Unis ont eu la part du lion. La pré-signature de l’accord de paix de Washington du 8 août et le mémorandum autour de la construction de la Route de Trump ont été des acquis importants et encourageants. Mais depuis, l’enlèvement de Maduro ouvre la porte à de sérieuses interrogations et au doute. Car la réalité montre également que les États-Unis n’épargnent personne, pas même leurs alliés de l’OTAN – et lorgnent à nouveau sur la domination du Groenland.
À la veille du Noël arménien, la politique internationale nous empêche d’oublier ne serait-ce qu’un instant le tumulte politique pour nous déconnecter et nous concentrer sur le mystère de la Nativité, l’un des moments les plus merveilleux de la vie de l’humanité. Et malheureusement, l’attaque américaine révèle la dévalorisation de la vie humaine. En effet, l’arrestation du président Maduro a laissé passer inaperçues les autres victimes de l’attaque, ces simples mortels – les gardes du corps, le personnel travaillant dans le palais présidentiel, les serviteurs… Mais après tout, la quête du sens de la vie et de la mort est aussi un phénomène qui donne sens à notre quotidien, et le mystère de Noël est l’un de ces moments créant l’occasion de cette déconnexion.
De tels développements de la politique internationale placent l’Arménie face à un sérieux défi, il est existentiel et s’est également manifesté sur le terrain politique à l’occasion de Noël avec l’annonce de la feuille de route préparée par les dix évêques et archevêques et le Premier ministre appelant à la démission du Catholicos. Les développements internationaux extrêmement défavorables, les menaces d’attaque des États-Unis et d’Israël contre l’Iran placent l’Arménie dans une situation extrêmement dangereuse, pour laquelle une direction par des hommes d’État patriotes et au service de la nation est essentielle pour son existence. À cet égard, les élections de 2026 revêtent une importance cruciale et la confrontation État-Église doit être considérée dans ce contexte.
J. Tch.■
