Les commentaires du ministre Mirzoyan sur la diaspora

Միրզոյեան

« Les intérêts de la diaspora et ceux des Arméniens d’Arménie peuvent diverger : nous devons nous guider sur les besoins de l’Arménie réelle »

Lors du forum international « Dialogue d’Erevan » qui s’est tenu le 6 mai, le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, a répondu à une question portant sur la prise en compte de l’opinion de la diaspora par les autorités dans l’élaboration de leur politique étrangère.

Évoquant le décalage entre les attentes de la diaspora et les priorités de l’État, le chef de la diplomatie a souligné : « Oui, nous avons une importante diaspora, et c’est un levier majeur. Ce sont nos compatriotes, mais nous devons tous comprendre qu’ils sont citoyens de différents pays, et que leurs points de vue ne coïncident pas nécessairement avec ceux des Arméniens vivant ailleurs. Par exemple, je ne suis pas certain que les intérêts des Arméniens d’Australie, du Royaume-Uni ou des États-Unis soient les mêmes que ceux résidant en Russie. Et, plus important encore, je ne suis pas sûr que les intérêts de la diaspora soient toujours en adéquation avec ceux, ainsi qu’avec les besoins, des Arméniens vivant en Arménie. »

Le ministre a précisé que le gouvernement abordait ce sujet avec transparence : « Nous avons des discussions très franches, et je serai tout aussi franc : il faut comprendre qu’une grande partie de la diaspora est composée de descendants de survivants du génocide des Arméniens. Ils ont dû fuir, chercher refuge et bâtir leur vie très loin de leurs terres. Par conséquent, beaucoup de membres de la diaspora aspirent à voir une grande Arménie, une Arménie historique, forte d’un passé glorieux et riche. Mais aujourd’hui, c’est un rêve ; ce n’est pas l’Arménie réelle. Nous ne voulons pas passer la prochaine décennie, le siècle ou le millénaire à venir à faire la guerre à nos voisins, à sacrifier de nouvelles vies sur le champ de bataille et à subir de nouvelles pertes, d’autant que certains finiront par quitter l’Arménie à cause du conflit pour s’installer à l’étranger. »

M. Mirzoyan a qualifié cette problématique de sujet « intéressant et crucial, nécessitant d’être étudié en profondeur afin d’y apporter des solutions ».

« Je suis plus que convaincu que cette solution finira par émerger. Je perçois de plus en plus de signaux indiquant que la diaspora commence à comprendre les véritables besoins de l’Arménie réelle. Nous entendons aujourd’hui bien plus de voix de soutien émanant de l’étranger », a conclu le ministre.