Le Premier ministre a mené une marche vers l’église de la Sainte-Mère-de-Dieu, tandis que le Catholicos a dénoncé des actes de répression

Mardi 6 janvier, les célébrations de Noël en Arménie se sont déroulées dans une atmosphère tendue, mettant en exergue les divergences profondes entre les autorités politiques et spirituelles du pays.

La marche et le message du Premier ministre

Après avoir assisté à la messe de Noël en la cathédrale Saint-Grégoire l’Illuminateur d’Erevan, le Premier ministre Nikol Pachinian a pris la tête d’une marche en direction de l’église de la Sainte-Mère-de-Dieu (Sourp Asdvadzadzine). La liturgie a été célébrée par l’évêque Anouchavan Jamkotchian, qui s’est joint au chef du gouvernement.

Avant le début de la procession, le Premier ministre a déclaré que cette initiative visait à exprimer leur position face au « chef de facto de la Sainte Église apostolique arménienne et à son entourage proche », accusés d’instrumentaliser l’Église comme un « outil de guerre hybride » au service de puissances étrangères, menaçant ainsi l’Arménie, son indépendance et sa souveraineté.

Au terme de la marche, M. Pachinian a souligné : « Nous avons marché aujourd’hui pour dire à Jésus-Christ que nous suivons son message et que nous bâtissons la paix ». Faisant allusion à la prière liturgique « implorons le Seigneur pour la paix », il a insisté sur la nécessité, parallèlement à la prière, d’œuvrer à cette paix par des décisions et des actes concrets.

Réitérant ses accusations selon lesquelles certains tentent d’utiliser l’Église comme un bastion contre l’État, il a de nouveau qualifié le Catholicos Karékine II de « chef de facto de l’Église », affirmant que la hiérarchie ecclésiastique opère selon une « logique sectaire ». « Cela signifie que nous devons libérer l’Église du schisme et la rendre au peuple », a conclu le Premier ministre.

Le message du Catholicos depuis le Saint-Siège

Simultanément, Sa Sainteté Karékine II, Catholicos de tous les Arméniens, célébrait la messe de Noël en la cathédrale d’Etchmiadzine. Dans son homélie, le Patriarche suprême a sévèrement critiqué la situation
actuelle, déclarant : « Notre Sainte Église continue de subir des répressions. Cette situation porte un coup grave au prestige de notre nation et de notre État, et inflige une profonde blessure aux communautés et aux fidèles ».

Le Catholicos a averti que s’écarter de la voie du Christ transforme le monde en un théâtre d’injustice et de misère. Il a noté avec regret l’affaiblissement de la foi et de la confiance mutuelle dans la réalité d’aujourd’hui, déplorant que l’irrévérence soit souvent perçue comme du courage.

Karékine II a souligné que malgré les « actions illégales et contraires aux canons », l’Église demeure ferme et inébranlable. « Au cours de l’histoire, notre Mère Église apostolique a subi de nombreuses attaques, traversé de terribles épreuves et souffrances, mais elle n’est jamais devenue captive du désespoir », a-t-il affirmé, exhortant les fidèles à s’en remettre au Christ, « chemin des ténèbres vers la lumière ».