Lueurs d’espoir
Contrairement à la volonté d’Israël, l’Iran a réussi à imposer aux États-Unis ses propres conditions pour mettre fin à la guerre déclenchée contre lui, sans faire la moindre concession sur toutes les exigences qui avaient poussé Israël et les États-Unis à l’attaquer : l’arrêt de la production d’uranium enrichi, la destruction des stocks d’uranium enrichi, l’interdiction de la construction de missiles intercontinentaux… C’est sans faire la moindre concession que l’Iran a su imposer ses conditions aux États-Unis : la cessation des attaques israéliennes sur tous les fronts, notamment au Sud-Liban, la fin des menaces contre la souveraineté iranienne, la restitution des capitaux d’État iraniens gelés en Occident, la reconstruction des infrastructures endommagées par la guerre à hauteur de 300 milliards d’investissements, et enfin le contrôle du détroit d’Ormuz avec perception de droits de passage sur les navires.
Grâce aux succès remportés sur le champ de bataille, l’Iran est parvenu à briser les relations stratégiques entre Israël et les États-Unis. Il est encore trop tôt pour prévoir l’évolution future des relations entre ces deux alliés ;
néanmoins, au stade actuel, les négociations autour de la paix irano-américaine privent Israël du soutien de son principal partenaire militaire. L’isolement d’Israël sur la scène internationale est indéniable.
Le freinage des attaques israéliennes aura des conséquences positives pour les pays de la région — des pays qui ont vécu pendant des années dans un climat de guerre, sous la menace constante d’opérations militaires.
Pour les Arméniens de la Diaspora, la paix aura des effets bénéfiques, surtout pour les communautés se trouvant dans les pays directement exposés aux attaques israéliennes, comme le Liban, la Syrie et l’Iran, et indirectement dans les pays voisins — l’Irak, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Qatar… — ainsi que pour la communauté arménienne de Jérusalem et la communauté arménienne d’Israël elle-même, qui sont exposées aux attaques de missiles intercontinentaux iraniens et aux agissements haineux des partis nationalistes extrémistes israéliens.
Établies de longue date au Moyen-Orient et autrefois florissantes, ces communautés se sont affaiblies au fil des années, de guerre en guerre, et beaucoup de leurs membres ont quitté leur terre natale. Mais beaucoup aussi y sont restés, ont lutté, se sont accrochés à l’environnement qu’ils avaient bâti, à leur famille, leur maison, leur travail, leur église, leur école, leur club…
Si la situation se stabilise et que la paix s’établit, de nombreux Arméniens sont prêts à y retourner, à recouvrer en partie leurs biens et à retrouver en partie leur gloire et leur travail d’antan. En tout état de cause, la paix serait le plus grand des cadeaux pour nos compatriotes qui n’ont pas quitté le Moyen-Orient. Ces communautés sont parmi les plus anciennes de la diaspora arménienne. Elles en sont les piliers. Leur dynamisme et leur vitalité insufflent de l’énergie aux autres communautés de la diaspora. La renaissance des communautés arméniennes du Moyen-Orient est aussi vitale que l’oxygène, particulièrement pour la diaspora traditionnelle locutrice de l’arménien occidental.
De même que l’établissement de la paix est essentiel pour l’Arménie — afin de freiner l’émigration de ses compatriotes, de faire prospérer le pays — la paix est tout aussi essentielle pour les Arméniens du Moyen-Orient. Elle est également favorable pour développer les relations Arménie-Diaspora. Les communautés arméniennes du Moyen-Orient ont un rôle positif à jouer dans le développement des relations avec le pays de la péninsule arabique riche en pétrole.
J. Tch.■
